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Photos avant/après : ce que vous avez le droit de publier

Un accord donné pour Instagram ne vaut pas pour Google. Le cadre du droit à l'image et du RGPD, et la formulation qui tient en trois lignes.

Par Dorian W. · 7 octobre 2026 · 7 min de lecture

Sommaire

L’avant/après est le format le plus convaincant du secteur. Il montre un résultat plutôt que de le décrire, et c’est exactement ce que cherche une cliente qui hésite entre trois établissements.

C’est aussi celui qui expose le plus, parce qu’il réunit deux choses délicates : l’image d’une personne, et un « avant » qu’elle n’a pas forcément envie de voir circuler.

Ce guide pose le cadre applicable, la différence entre les supports, et la formulation d’accord qui tient en trois lignes.

Deux régimes se cumulent

Il ne s’agit pas d’une règle mais de deux, qui s’appliquent en même temps.

Le droit à l’image. Toute personne dispose d’un droit sur son image, rattaché au respect de la vie privée protégé par l’article 9 du code civil. Publier l’image de quelqu’un suppose son autorisation, et cette autorisation s’apprécie au regard de l’usage qui en est fait.

Le RGPD. Une photographie permettant d’identifier une personne est une donnée personnelle. Sa publication est un traitement, qui suppose une base légale : en pratique, ici, le consentement.

Ce que le règlement exige de ce consentement tient en quatre mots, et chacun a une conséquence pratique :

Libre : une cliente ne doit pas avoir le sentiment que refuser lui coûtera quelque chose.

Spécifique : il porte sur un usage identifié, pas sur « la communication du salon ».

Éclairé : elle sait où la photo paraîtra, et pour combien de temps.

Univoque : un silence ou une absence de refus ne valent pas accord.

S’y ajoutent deux règles qui changent la pratique quotidienne : le consentement est retirable à tout moment, aussi facilement qu’il a été donné, et la preuve vous incombe. En cas de contestation, ce n’est pas à la cliente de prouver qu’elle n’a pas accepté, c’est à vous de prouver qu’elle a accepté.

Le point que presque personne n’applique : un accord par support

C’est la conséquence directe du mot « spécifique », et c’est une erreur très répandue.

Une story Instagram et une photo de fiche Google ne sont pas le même objet.

La story dure vingt-quatre heures, s’adresse à des abonnés, et disparaît.

La photo de fiche Google est permanente, publique, indexée par les moteurs, associée au nom et à l’adresse de votre établissement, et elle apparaîtra dans les résultats de recherche pendant des années.

Une cliente qui a accepté la première n’a pas accepté la seconde. Elle n’y a même pas pensé, et le jour où elle tombe dessus en cherchant votre salon, la conversation est désagréable pour tout le monde.

La pratique qui tient : demandez par support, explicitement. « Est-ce que je peux la mettre sur Instagram ? » et « est-ce que je peux la mettre sur notre fiche Google, où elle restera en ligne ? » sont deux questions, et la seconde mérite d’être posée avec sa conséquence.

La formulation qui suffit

Pas besoin d’un contrat. Trois lignes, datées, signées ou conservées par message.

J’autorise [nom du salon] à publier les photographies prises le [date] dans le cadre de ma prestation, sur les supports suivants : [fiche Google / Instagram / site internet]. Je peux retirer cette autorisation à tout moment en écrivant à [adresse ou numéro].

Nom, date, signature.

Ce qui rend ce texte suffisant : il identifie les photos, il nomme les supports, il rappelle le droit de retrait, et il est daté.

Ce qu’il ne faut pas y mettre : une cession « pour tous supports, connus ou inconnus, sans limitation de durée ». Une formule aussi large est mal reçue, elle effraie, et elle est fragile : un consentement trop général ne remplit pas la condition de spécificité.

Pour une mineure : l’accord des titulaires de l’autorité parentale est requis, et il est prudent d’y associer l’intéressée.

Le retrait : la question qui se règle en dix secondes ou en trois mois

Une cliente vous demande de retirer sa photo, deux ans après, sans expliquer pourquoi.

La seule bonne réponse est de la retirer, tout de suite, et de le lui confirmer. Elle n’a pas à se justifier, le droit de retrait n’est pas conditionnel, et la photo ne vous rapportait de toute façon pas grand-chose.

C’est un réflexe à installer dans l’équipe, parce que la tentation inverse existe : « on l’a utilisée dans le dépliant », « ça fait deux ans ». Un refus transforme une demande banale en litige, parfois en avis négatif, et l’issue est la même à la fin : la photo part.

Le cadrage : ce qui réduit réellement le risque

Beaucoup de professionnelles croient qu’une photo sans visage règle la question. Elle la réduit fortement, sans l’éliminer.

Reste identifiable une personne reconnaissable par un tatouage, un grain de beauté marqué, un bijou particulier, une cicatrice, ou simplement un arrière-plan qui la situe.

Les cadrages qui fonctionnent bien dans ce métier : la nuque et le dos pour une coupe ou une couleur, les mains seules pour une pose d’ongles, un détail de peau sans repère distinctif.

Et un avantage que l’on sous-estime : ces cadrages sont souvent meilleurs que la photo de visage. Ils concentrent l’attention sur le travail, qui est ce que la lectrice cherche.

Le raisonnement général sur ce qui convainc dans une galerie est développé dans notre guide sur la fiche Google d’une onglerie.

Le « avant » : la partie qu’on traite trop vite

Une remarque qui relève du métier plus que du droit, et qui évite beaucoup de situations.

La photo « avant » est prise dans un moment où la cliente n’est pas à son avantage : c’est précisément son intérêt. Une racine de dix centimètres, une peau irritée, des ongles abîmés.

Elle l’accepte volontiers sur le moment, portée par le résultat qu’elle vient d’obtenir. Elle le vit différemment six mois plus tard, quand la photo circule encore et que le contexte a disparu.

Deux gestes simples :

Demandez l’accord au moment de publier, pas au moment de prendre. Ce sont deux décisions différentes, et le recul change la réponse.

Montrez-lui le rendu final avant publication. Cela prend dix secondes et évite bien des demandes de retrait.

Le cas de la médecine esthétique

Une distinction qu’il faut poser, parce que les deux univers se mélangent dans la communication en ligne.

Un institut de beauté relève du cadre décrit dans cet article : droit à l’image et RGPD.

Un cabinet de médecine esthétique y ajoute le cadre déontologique de la profession médicale, qui encadre la communication des praticiens indépendamment du droit à l’image, et qui est nettement plus restrictif. Ce ne sont pas les mêmes règles, et ce qui est habituel dans un institut ne l’est pas nécessairement dans un cabinet.

Si vous exercez une activité médicale ou paramédicale, le cadre applicable est traité dans notre guide sur les avis en ligne et la déontologie du praticien.

Comment iAlfred aide

iAlfred ne publie pas vos photos et ne gère pas vos autorisations : c’est un travail de salon, pas d’outil.

Ce qu’il fait : centraliser les avis et alerter sur les notes basses, y compris celles qui portent sur un désaccord de ce type. Une demande de retrait qui se transforme en avis négatif est une situation qui se rattrape en quelques heures, et pas en quelques semaines.

Rejoindre l’accès anticipé, à partir de 29 € par mois, sans engagement.

Récapitulatif : six points

  1. Deux régimes se cumulent : droit à l’image et RGPD
  2. Un accord par support : Instagram ne vaut pas fiche Google
  3. Trois lignes datées et signées suffisent : la preuve vous incombe
  4. Retirer sans discuter à la première demande, sans demander de justification
  5. Cadrer sans visage réduit le risque, sans l’éliminer
  6. Demander l’accord au moment de publier, pas au moment de prendre

Pour savoir où en est votre fiche avant de commencer, l’analyse gratuite de votre fiche Google donne un score sur 100 et les premiers points à reprendre.

Pour voir ce qu’Alfred fera pour un salon ou un institut, lisez notre page consacrée à la beauté.


Pour retrouver nos guides en priorité dans Google : ajoutez ialfred.fr à vos sources préférées.

Sources : code civil, article 9 (droit au respect de la vie privée, fondement du droit à l’image) ; règlement général sur la protection des données, articles 4-11 (définition du consentement), 7-1 (charge de la preuve) et 7-3 (retrait du consentement) ; recommandations de la CNIL sur la publication de photographies de personnes identifiables. Cet article décrit un cadre général et ne constitue pas un conseil juridique.

Dorian W., fondateur d'iAlfred Il écrit ces guides à partir de la documentation publique des outils et des règles de Google, citées en fin d'article. iAlfred ouvre en accès anticipé et n'a pas encore de clients : aucun chiffre ici ne vient de nos utilisateurs.

Questions fréquentes

Faut-il un accord écrit pour publier une photo de cliente ?

L'écrit n'est pas imposé en soi, mais la charge de la preuve pèse sur vous : en cas de contestation, c'est à vous de démontrer que le consentement a été donné. Trois lignes signées ou un message conservé suffisent, et coûtent moins cher que la discussion.

Un accord donné pour Instagram vaut-il pour Google ?

Non. Le consentement doit être spécifique : il porte sur un usage identifié. Une cliente qui accepte une publication en story n'a pas accepté une photo permanente, indexée et associée à la fiche de votre établissement. Demandez par support.

La cliente peut-elle changer d'avis après publication ?

Oui, à tout moment, et le retrait doit être aussi simple que l'accord. Ce n'est pas négociable et cela ne se discute pas : à la première demande, la photo est retirée. Un refus de retirer transforme une question réglée en litige.

Peut-on publier une photo où le visage n'apparaît pas ?

Le risque baisse fortement, sans disparaître. Une personne reste identifiable par un tatouage, un bijou, une marque cutanée ou un arrière-plan reconnaissable. Le cadrage est une bonne pratique, pas une exemption automatique.

Les règles sont-elles les mêmes en médecine esthétique ?

Non. Dès qu'un acte relève de la médecine, s'ajoute le cadre déontologique propre à la profession, qui encadre la communication des praticiens indépendamment du droit à l'image. Un institut et un cabinet de médecine esthétique ne sont pas soumis aux mêmes règles.

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